Tout était sûrement là.


L'ennui d'abord. En périphérie.

Puis la conviction de devoir être ailleurs.


Le bureau de mon père. Feutres et fusains alignés derrière un ordinateur.

Des photographies. Des impressions. Le salon de l'imprimerie, noir de monde, dans les couloirs, sur le papier.


La chambre. Une importante collection de magazines découpés pour peupler les murs.

Une vue sur la prison, le centre commercial. Autour, les routes.


Les vacances dans le hangar évidé d'un ancien ferrailleur.


Danser classique sous les toits humides. Danser jazz sous les néons.


Des négatifs. Beaucoup. Parce qu'il n'y a pas d'instant qui décide. Des gestes seulement. Ou bien des intentions. Et la mémoire qui choisit.


La radio.


Sur l'écran : la musique. Les dessins animés. Twin Peaks. Chaplin.


Un jour, une rime. Le silence n'est donc plus tout à fait là. L'ennui non plus.


Un écho plus loin : Duras.


Alors des études. Longues. Histoire de l'art. Pour écrire sous influence, manger, digérer. Les mots ont faim. D'entendre et de voir. D'eux-mêmes ensuite.


Et Partir. Coyoácan. Mexique. Un autre silence. Celui des mots insensés, des sons. L'appareil revient quand la langue nargue. Il témoigne. Il occupe.


Paris. Rome. Paris.


Les correspondances. Corpet. Erró. Jouffroy. Boullé.

Les instants sont choisis. Ils font des films. Une cadence.


Du temps pour rassembler tout cela. Pour saisir le lien. La multisensorialité.

Le son dessine une image, d'emblée. Une vision appelle note, mot, voix, texte.


La nécessité du jeu sans fermer les tiroirs. Musique, mot, photographie, dessin. Tout est là. Toujours. Partout. Dedans. Dehors.

Laëtitia Laguzet

PUBLICATIONS

  • Le Peintre Inconnu, in Fake, revue des Cahiers de l'Imaginaire, publication du CNRS, Paris, 2014.

  • Figaro, 4 juillet 2013, portrait photographique de Vincent Corpet.

  • Dieu, l'ogre et le cannibale, in Manger ensemble, revue des Cahiers de l'Imaginaire, publication du CNRS, Paris, 2013.

  • Libération, 21 et 22 juillet 2012, photographies de Vincent Corpet.

  • Fuck Maîtres, Vincent Corpet, Laetitia Laguzet, Amélie Pironneau, catalogue de l'exposition Fuck Maîtres, Vincent Corpet, Acent mètres du centre du monde, centre d'art contemporain, Perpignan, juin 2012, éd. Le Massacre des Innocents, 2012.

  • La leçon de guitare, Le Hiérophante, catalogue monographique de Vincent Corpet, 2011.

  • La Monstruosité, in Capharnaum, extraits de la série photographique Sorcières, 2010.

  • Savoir et Voir ça, Vincent Corpet, catalogue de la résidence, entretien et reproductions des œuvres, éd. Pôle Internation de la Préhistoire, Dordogne, 2010.

  • Crisis Ex-Nihilo, in Capharnaum, textes et photographies, 2009.

  • Frédéric Arditi, in Jeune Création, 2004.

EXPOSITIONS PHOTOGRAPHIES / VIDEOS

  • Les Rêves, Festival du Fake, Cacao, Plataforma Revolver, 18 septembre- 29 novembre 2014.

  • Les rêves, Maison Natale de Claude Gelée, Chamagne, Du 20 juillet au 21 août 2013.

  • Aphrodite 2012, Museum of Greek Folk Art, Grèce, décembre 2012–Avril 2013.

  • Fin du monde, La Générale, Paris, décembre 2012.

  • Découvrement, La Lune en Parachute, Epinal, novembre-décembre 2012.

  • À La Limite, Les Salaisons, Romainvillle, mars 2012.

  • Synesthésie, Atelier Claris Garnier, Paris, septembre 2011.

  • Malentendu, Vincent Corpet, Les Salaisons, Romainville, mars 2011.

  • À la Plage et en Ville, MAMAC, Nice, février 2010.

  • Naître et Être, La Petite Rockette, Paris, décembre 2009.

  • Crisis Ex-Nihilo, La Petite Rockette, Paris, du 3 au 18 octobre 2009.

  • Naître et ne pas être, La Petite Rockette, Paris, décembre 2008.